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Véronique Diarra, une plume dévouée à la femme

Updated: Jul 11, 2019

Véronique Diarra est une citoyenne du monde qui prend ses racines dans la Bouenza au Congo par son père, le Tougan et Toma du Burkina-Faso et Côte d-Ivoire par sa mère. Elle a vécu dans différents pays du monde grâce à son père haut-fonctionnaire international. Elle grandit à Abidjan dans la Côte d'Ivoire natale de sa mère et obtint un CAPES de lettres Modernes après quoi elle commença à enseigner le français dans un lycée d'état, puis dans un lycée français. En novembre 2004, de tristes événements l'obligent à s'installer en France avec sa famille. Pendant qu’elle poursuit sa carrière d'enseignante, elle découvre rapidement l'écriture et s'épanouit en tant que romancière. Africa Mondo Magazine vous propose l’entrevue réalisée avec cette femme qui nous invite à découvrir son nouvel ouvrage "Agnonlètè une vie d'amazone".


De quoi parle cet ouvrage ?

‘’Agnonlètè une vie d'amazone’’ est un roman d'aventures, féministe et historique où se mêlent action humour beauté et tendresse. Il emmène le lecteur en Afrique au XVII ième siècle. En partant du Bénin pour aller au Nigeria, puis au Cameroun, ensuite dans l'empire Kongo, Agnonlètè voyage jusqu'à atteindre l'Angola. Elle y rencontre la fabuleuse reine N’Zinga M'Bande qui lutte contre les portugais esclavagistes. Ensemble, la guerrière et la reine vont les combattre et rejoindre les figures féminines de la résistance africaine face à l'Europe conquérante.





"Agnonlètè une vie d'amazone" est essentiellement féministe. Pourquoi avoir choisi de vous appesantir sur la femme dans votre nouvel ouvrage ?


Dans "Agnonlètè une vie d'Amazone", j'ai choisi de donner une place de choix à la Femme car elle est le socle de la société, le pilier de la famille, la source de vie. C'est elle qui rassure, nourrit et représente l'ancrage des siens.

A travers ce roman, je veux réhabiliter la Femme, car elle a perdu la place qui lui revient dans notre monde. Je fais voyager mon lecteur au fil des pages. Dans chaque royaume qu'il découvre, il rencontre au moins une femme admirable. Guerrière, jeune fille, dame, reine, chacune représente à sa manière et selon son âge ou sa condition, un idéal féminin. Africaines et Européennes sont les « modèles » de mon "tableau romanesque". Je n'ai pas voulu ces figures féminines simplement belles et aimables, je les ai parées de vertus et de pouvoirs. Je souhaite que dans une de ces femmes, chaque lectrice reconnaisse une part d'elle-même, prenne conscience de sa valeur et siège à sa place légitime dans la société.

Et j'ose espérer qu'après avoir refermé ce livre, chaque lecteur masculin posera un nouveau regard sur les femmes de son entourage.


La guerrière africaine d'autrefois existe encore aujourd'hui, mais sous une autre apparence.

Dans ce roman, vous remontez à l’époque du 17ème siècle pour donner vie à votre histoire. On en vient à se demander si la femme amazone ou guerrière d’autrefois, telle que vous avez su la décrire, existe encore de nos jours.


La guerrière africaine d'autrefois existe encore aujourd'hui, mais sous une autre apparence. Vous pouvez la reconnaître dans les milieux populaires. Toute jeune, elle aide sa maman. A l'école, elle déploie mille efforts pour assurer sa réussite car les tâches ménagères lui laissent peu de temps pour étudier. C’est la lutte pour un diplôme.

Adulte et courageuse, cette femme assume ses responsabilités d'épouse et de mère. Si le mari a un salaire limité, elle se charge d’une partie des dépenses en exerçant un commerce ou un emploi. C'est la lutte contre la pauvreté.

Face à une aventurière provocante ou à une belle famille trop envahissante, la dame fait face. C'est le combat pour la paix à la maison.

Dans le même environnement difficile, si une femme n'est pas mariée elle s'impose fermement à son entourage pour se faire respecter. Seule avec un bambin, elle remplit les devoirs de deux parents. C'est le combat pour la réussite de l'enfant.



Oui, l'Amazone africaine existe toujours même si elle ne manie pas les mêmes armes, même si elle ne lutte pas contre les mêmes adversaires.

Vous rencontrez aussi cette femme vaillante en milieu aisé. Certes, elle vit dans le confort et est bardée de diplômes. Mais elle livre bataille sur d'autres terrains. Son plus haut poste est un trophée chèrement gagné. Son quotidien ressemble à l'entrainement d'un GI américain. Les embûches semées sur son cheminement professionnel portent plusieurs noms. En voici quelques-uns : "séduction abusive d'un supérieur hiérarchique", "malveillances d'un collègue jaloux ", "problèmes de couple à garder pour soi"... C'est la lutte de la carriériste.

A la maison, au cœur d'un conflit familial, elle n'est pas toujours soutenue. Le fils aîné s'égare ? " Tout est de la faute de sa mère qui l'a mal élevé ! ". Elle supporte cette calomnie. Une épouse par la force de son silence évite d'aggraver une querelle. Elle dispose d'autres armes défensives plus subtiles et très efficaces. C'est le combat de la femme avertie.

La dame est-elle célibataire? Mère par choix, elle a les moyens de s'occuper de son enfant. Mais personne n'est là pour partager ses joies de jeune maman. Alors c'est contre elle-même qu'elle doit lutter pour ne pas s’apitoyer sur sa solitude.

Enfin, quelle que soit sa condition sociale, quand une femme mariée peine à enfanter, son combat est rude pour tenir tête aux détracteurs de son foyer et pour se soigner afin d'accueillir une grossesse.

Oui, l'Amazone africaine existe toujours même si elle ne manie pas les mêmes armes, même si elle ne lutte pas contre les mêmes adversaires.


Si la femme africaine valait pour beaucoup dans la résistance à toute forme de colonisation et d’esclavage, ne serait-elle pas en mesure de lutter pour son autonomisation au 21ème siècle ?

Il faut savoir que la Femme Africaine n'est pas encore tout à fait remise des traumatismes subis durant ces derniers siècles. L'esclavage et la colonisation en sont la cause. Elle les a bravement combattus en résistant de différentes façons.

Lutter pour son autonomisation n'est pas perdue pour la Femme Africaine. Ce combat va s'inspirer la Renaissance Africaine. En retrouvant son identité, mais sans renier le monde moderne la Femme Africaine va se débarrasser de ses complexes, raviver sa foi en elle et combattre pour son autonomisation dès ce 21ème siècle.

Enfin, je tiens à rappeler à toutes mes sœurs et à mes filles qu’elles sont belles avec leurs teints, leurs cheveux naturels.

L'équation Noire = Laide est une absurdité.

L'injure "regarde-toi, noire comme minuit !" doit disparaître.

L'autonomisation s'affirme avec la confiance en soi. Quelles femmes se sentiront-elles fortes si pour s'apprécier elles éprouvent le besoin de ressembler à d'autres ?

Valorisons notre beauté naturelle !

Que chacune de nous soit fière de tout ce que Dame nature lui a offert !

Pleines d'assurance, les Femmes Africaines vont entrer dans le combat pour leur autonomisation en ce 21ème siècle.


Entretien réalisé par Arias ADIKPONSI

Crédits photos : Véronique DIARRA


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