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  • LA REDACTION

Les jeunes guinéennes de YALI disent non aux violences faites aux femmes

Entretien réalisé par Biova OUIDALA


À Conakry, le Réseau des Femmes Alumnae du YALI organise la première édition du Forum Africain du Leadership et de l’entrepreneuriat Féminin du 12 au 14 septembre dans la capitale guinéenne, sur le thème : "Ensemble pour éradiquer les violences faites aux femmes en Afrique Francophone". Cécile Karis MANGWA, Responsable du Réseau répond aux questions d'Africa Mondo.


Cécile Karis MANGWA, Responsable Réseau des Femmes Alumnae du YALI


les femmes ne sont pas supposées se plaindre, porter plainte, tout est à résoudre en famille, il est donc mal perçu qu'une femme ait des droits qu'elle réclame

Quels sont les plus gros défis à relever dans la mission de lutte contre les violences faites aux femmes, d'abord en Guinée, puis, de ce que vous en savez, en Afrique Francophone ?

Les plus gros défis sont les aspects culturels, les femmes ne sont pas supposées se plaindre, porter plainte, tout est à résoudre en famille, il est donc mal perçu qu'une femme ait des droits qu'elle réclame, le gouvernement a voté des lois mais la culture et le laxisme rendent ces lois à bien des égards inefficaces dans la pratique, l'absence de coercition quand la violence est commise augmente la vulnérabilité des droits des femmes.

Les autres aspects sont l'interprétation fantaisiste de la religion et de ce qu'on appelle la soumission de la femme.

Nous vous laissons un extrait du contexte élaboré pour notre forum, pour vous faire une idée.

« La recrudescence des viols accompagnés de meurtres en République de Guinée depuis le 2eme trimestre de 2019 est déplorable les viols suivis de meurtres sur les jeunes femmes font la chronique des médias, et dans la majeure partie des cas ces meurtres sont perpétrés par un membre de la famille ou une connaissance proche).

Les causes de ces violences sont à quelques différences prêt ce sont généralement les rôles et statuts des femmes qui les placent souvent dans des postures discriminantes et défavorables dans nos sociétés.

Les auteurs de VBG dans les ménages sont souvent impunis. Les violences physiques (27,6%) et sexuelles (2,4%) constituent les formes les plus pernicieuses du fait de leur impact sur l’intégrité des individus et des conséquences liées à la santé. Dans les ménages, une victime sur cinq (20%) s’est résignée face aux VBG subies et se résout au silence.

Le nombre de femmes tuées par leurs époux est en hausse de plus de 50% et les mariages forcés sont de plus en plus récurrents. Selon les statistiques issues de l’enquête nationales sur les VBG, 96% des Guinéennes ont subi des mutilations génitales, tandis que 63 % ont connu le mariage précoce. Quant aux violences conjugales, elles en sont victimes à hauteur de 85 % contre 77 % des filles ayant été violentées en milieu scolaire et 49 % ayant enregistré des violences sexuelles.»


Communication


En Afrique francophone les violences sont aussi prépondérantes. Les pays francophones étant historiquement liés, les problèmes des droits des femmes connaissent les mêmes déclinaisons quoi que selon les études, les foyers de violations se concentrent en Afrique de l'ouest et surtout dans les zones rurales.

«Cette résurgence de la violence dont les femmes sont les cibles nous pousse dans l’urgence de mobiliser les forces de plus de 100 associations de jeunes féministes de 13 pays d’Afrique Francophone (Benin, Burkina-Faso, Mali, Togo, Guinée, Guinée-Bissau, Sénégal, Cote d’ivoire, Niger, Mauritanie, Cameroun, Tchad, Cap Vert) autour d’un Mouvement féministe fort dont le but est de faire avancer les droits humains des femmes et de faire reculer et à terme éradiquer toutes les formes de violences faites aux femmes. Face à la stigmatisation sociale, de nombreuses victimes de VBG préfèrent souffrir en silence que de les dénoncer. Ce mutisme ne facilite pas la lutte des VGB.

L'analphabétisme place ces femmes dans une mauvaise posture il nous revient donc d’éduquer ces femmes et de faire un plaidoyer auprès de nos différents états pour que cet état de choses change et que les femmes vivent en sécurité ou qu’elles se trouvent dans l’espace de l’Afrique francophone. L'organisation de ce forum est un pilier dans la lutte contre ce fléau.»

Comment voyez-vous votre évolution dans 10 ans ?

Dans 10 ans nous aimerions voir nos actions s'étendre partout en Afrique et voir dans le monde. Nous aimerions voir les conditions de vies des femmes s'améliorer à travers des lois et règlements favorisant son épanouissement. L'Entrepreneuriat et le leadership féminin être un credo dans la vie de chaque femme telle est notre ambition.

Nous voyons les femmes devenir maîtresses de leurs destins, nous les voyons conquérir les plus hauts postes à tous les niveaux décisionnels mais surtout nous les voyons libres et en sécurité où qu'elles se trouvent et dans quelques domaines d'activités où elles exercent.


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